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Une maison qui contribua à l’expansion industrielle domestique de Saint-Gédéon

Photo tirée du livre Saint-Gédéon de Grandmont célèbre son Centenaire 1864-1964. Coll. SHL

Grande demeure à vocation mixte dès sa construction, vers 1927, le 360 rue De Quen est l’une des premières boulangeries de Saint-Gédéon. La maison principale accueille une boulangerie au rez-de-chaussée ainsi qu’un petit magasin général. À l’étage, on retrouve les appartements de la famille. L’annexe de gauche abrite une écurie ainsi qu’une salle servant à la préparation et au repos du pain. Autrefois, une grange au toit mansardé se trouvait en cour arrière. On peut distinguer son toit sur la photo ancienne1. Malheureusement, elle disparut à la suite d’un incendie. L’écurie annexée, bien que peu habituelle, servait à loger les chevaux utilisés pour les livraisons dans le village et dans les environs.

Cette demeure a conservé la majorité de ses caractéristiques architecturales. L’entrée principale constitue l’élément le plus marquant et le plus détaillé de ce bâtiment. La toiture à trois versants avec fronton est soutenue par deux équerres en forme de demi-arche qui lui confèrent une touche unique. Le bardeau de cèdre, datant possiblement de la construction, recouvre toujours les toitures principales. Pour ce qui est du revêtement mural, tout porte à croire qu’il fut autrefois en bois. Aujourd’hui, c’est une planche semblable à du fibrociment que l’on retrouve sur les murs. La couleur a également changé. À l’époque de sa construction, la maison était blanche.

On peut apercevoir, encore aujourd’hui, le campanile, un élément très distinctif ornant la toiture principale. Le campanile, aussi appelé lanterneau, est un petit édicule sur le faîte d’un bâtiment et servant à l’aération de celui-ci. De forme variée, il est plus fréquent de l’apercevoir sur les bâtiments secondaires. Fait intéressant, celui-ci servait principalement à l’évacuation de la vapeur et de la chaleur lors de la cuisson du pain. Selon les dires des propriétaires, le four à pain se trouverait toujours à l’intérieur de la maison, mais aurait été emmuré. La cheminée de briques est quant à elle toujours bien apparente.

Un autre élément bien conservé est le portique non chauffé se situant à l’étage. Étant d’abord un balcon non couvert, il s’est par la suite transformé en un vestibule fermé donnant accès au logement de la famille. Maintenant, on peut apercevoir un agrandissement sous celui-ci, au niveau du rez-de-chaussée, plus ou moins bien intégré au bâtiment. Cependant, on constate que le vestibule, lui, est pratiquement inchangé. Les portes, les fenêtres de bois ainsi qu’un jeu de moulures créant des caissons décoratifs y sont encore présents.

Ce bâtiment, qui aura été successivement une boulangerie, un lieu où l’on pouvait suivre des cours d’art et de musique, des bureaux, des appartements et maintenant une auberge de jeunesse, aura sans aucun doute marqué de nombreux imaginaires. Espérons qu’il dominera encore longtemps le paysage de Saint-Gédéon.

1 Les photographies proviennent des propriétaires actuels, Gabrielle Gagnon et Mathieu St-Jean, sauf celle identifiée collection SHL.

Campanile

Livreur de la boulangerie J. H. Beauchesne avec son cheval Prince.

Quelques années après la construction de la maison vers 1930.

Photo de 2016

Visualiser l’article tel que paru dans Le Bâtisseur

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