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La magasin J.D. Desbiens

Photo prise vers 1930. Source : Gemma Desbiens

Le magasin général J. D. Desbiens, situé au 266, rue Turgeon à Hébertville, est érigé en 1881 et compte parmi les commerces les plus importants du village à cette époque. À partir de 1883, trois générations de Desbiens se succédèrent : Bernardin Desbiens, son fils Joseph-David en 1902 et Gemma, la fille de Joseph-David, en 1958.

Ce type d’établissement commercial, qui naît avec l’apparition des premiers villages, est très répandu dans les milieux ruraux. Dans de nombreux cas, comme pour celui-ci, l’espace commercial est situé au rez-de-chaussée alors que l’espace résidentiel occupe les étages supérieurs. À l’étage, l’épouse de Bernardin Desbiens, Marie Boulianne, a même tenu une maison de pension pour les voyageurs de commerce jusqu’à la naissance de son sixième enfant : « Ça ne coûtait qu’un dollar par jour. Ils étaient nourris et logés.1 » À l’arrière, le magasin se prolonge avec un grand entrepôt où sont stockées les marchandises. Fait intéressant : à partir de 1918, J. D. Desbiens sera le premier à vendre de l’essence pour les voitures à Hébertville. On peut même apercevoir les pompes sur la photo de 1930.

Cette maison de style traditionnel québécois constitue un autre témoin éloquent de cette architecture à Hébertville, notamment par son volume simple de plan rectangulairede deux étages et demi, son toit à deux versants à larmiers retroussés percé de lucarnes, son revêtement en planches de bois posées à l’horizontale, sa porte massive à impostes vitrées ainsi que l’entablement très détaillé ornant celle-ci.

Au cours des ans, des travaux ont modifié sa façade de façon considérable, soit en agrandissant le commerce au rez-de-chaussée et en couvrant la galerie de l’étage. De cette transformation, ressortira une galerie beaucoup plus ornementée laissant ainsi toute la place à de magnifiques poteaux et barrotins tournés ainsi qu’à des aisseliers décoratifs. Plus tard, d’autres agrandissements auront lieu et la galerie de l’étage sera fermée pour devenir une verrière. Les trois lucarnes à deux versants seront remplacées par une seule lucarne rampante, dénaturant ainsi le style d’origine. Ces dernières interventions caractérisent le bâtiment actuel qui semble s’être figé dans le temps. Jusqu’à tout dernièrement, il était encore possible d’apercevoir les lettres découpées « J. D. DESBIENS » sur la façade latérale droite visible de la rue Vézina.

Bonne nouvelle : en 2018 de nouveaux propriétaires souhaitant rénover ce bâtiment ont utilisé les services du SARP. Quelques esquisses préliminaires ont été produites. Espérons que, dans quelques années, ce bâtiment jouira de sa notoriété d’autrefois et animera à nouveau le coeur du village.

 

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