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La grange à dîme de monsieur le curé

L’avoinerie (petite construction blanche) derrière le presbytère entre 1954 et 1964. Centre d’archives Domaine-du-Roy

 

Anciennement, les paroissiens payaient la dîme non pas en argent, mais en produits de la terre, par exemple, en blé, pommes de terre, etc. Pour les paroissiens, c’était un devoir religieux d’effectuer cette tâche. C’est au printemps, juste avant la fête de Pâques, que la dîme devait être livrée au curé et engrangée dans la « grange à dîme » ou encore le « hangar à grains » ou encore l’« avoinerie ». Le curé évitait ainsi d’avoir à assumer le transport et l’engrangement. Il pouvait ainsi se dégager des travaux de la terre et s’adonner pleinement à la vie spirituelle et religieuse de ses paroissiens. Cet entrepôt à grains servait à conserver les provisions du curé de la paroisse qui consommait ces denrées ou encore les échangeait pour d’autres.

Le bâtiment se trouvait habituellement tout près du presbytère et de l’église. Au Québec, comme cette pratique d’échange entre l’Église et ses pratiquants s’est éteinte progressivement, la plupart des avoineries sont disparues.Si l’on consulte le Répertoire du patrimoine culturel réalisé par le ministère de la Culture et des Communications (MCC), deux seuls hangars à grains sont répertoriés, soit à Sainte- Flavie dans le Bas-Saint-Laurent et à Saint-Hénédine dans la région de Chaudière-Appalaches. Au Saguenay−Lac Saint-Jean, il n’en resterait qu’une seule et elle se trouve à Saint-Prime, derrière le presbytère. On peut l’apercevoir facilement de la route régionale. Ce bâtiment construit possiblement en 1901 est toujours la propriété de la fabrique de la paroisse de Saint-Prime. Aujourd’hui, il sert d’entrepôt et de garage pour les résidents du presbytère.

Ce bâtiment serait plus vieux que l’église actuelle bénie en 1909, que le presbytère érigé en 1914 et que l’actuel Vieux Couvent construit en 1911. Il s’agirait donc du témoin le plus ancien faisant partie du noyau institutionnel religieux de la municipalité de Saint-Prime. Bien que le bâtiment soit modeste et sobre, plusieurs éléments d’origine sont encore présents et le démarquent. On peut ainsi observer la tôle embossée qui recouvre ses murs, un matériau rare et aujourd’hui disparu. Le matériau de recouvrement de la toiture en tôle à la canadienne est fort possiblement d’origine, ainsi que sa volumétrie et la forme de sa toiture.

L’an dernier, le SARP a effectué une analyse de la valeur patrimoniale de cette ancienne avoinerie. L’objectif de cette étude était d’évaluer

la faisabilité de citer le bâtiment. Il faut avant tout savoir que la citation d’un bâtiment patrimonial est une mesure de protection à laquelle une municipalité peut recourir. La citation vise à préserver un bâtiment situé sur son territoire pour le mettre en valeur parce qu’il représente un intérêt public en raison de sa valeur patrimoniale. Pour lui attribuer cette valeur patrimoniale et des motifs de citation, différents éléments sont considérés, soit l’historique, l’âge, l’architecture, l’authenticité, la rareté et le milieu environnant.

Depuis l’entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012, des pouvoirs de protection sont maintenant confiés aux municipalités pour les aider à protéger et à valoriser entre autres les bâtiments patrimoniaux. Le SARP peut accompagner les municipalités et les citoyens pour mettre en place des outils et valoriser notre héritage collectif par l’implantation de mesures de protection comme la citation. Contactez-nous!

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