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Le quatorze-loyers

Le quatorze-loyer en 1935.Société d’histoire du Lac-Saint-Jean, F134

Visualiser l’article tel que paru dans le Bâtisseur

En 1925, un promoteur de Chicoutimi construit un imposant édifice à logements sur la rue Sauvé, au coin de la rue Taché, que les gens baptiseront le Quatorze-loyers.

Toujours présent dans le paysage almatois, cet imposant bâtiment recouvert de tôle n’attire pourtant pas l’attention. Sa position avantageuse près de la petite décharge et la proximité du centre-ville n’a malheureusement pas profité à cette construction qui est assez banale et qui se démarque peu.

Nous pouvons toutefois admirer sa candeur d’autrefois sur les photos anciennes. Déjà à l’époque de sa construction, on remarque la simplicité de ses éléments : par exemple, les garde-corps et les poteaux en bois de facture très simple et la pose d’un papier brique sur les façades latérales et arrière. Seule la façade avant était revêtue de planches de bois à gorge. On retrouve souvent sur les bâtiments plus anciens le revêtement de papier brique, les gens de petite condition l’employaient pour ennoblir leur maison. En gros, il s’agit d’un papier-feutre goudronné avec des granules de céramique reproduisant, en relief, la brique que plusieurs n’avaient pas les moyens de s’offrir. On le fixait au moyen de clous contre les  planches de  bois  dont  les  maisons  étaient   bardées. Proche parent du bardeau d’asphalte des toitures, il tenait en principe plus longtemps parce qu’il n’avait pas, entre autres, à supporter le fardeau de la neige. Produit de l’industrie, il était livré à domicile en rouleaux. Mais, avec le temps, il séchait, cassait ou perdait ses granules.

On retrouve tout de même sur ce bâtiment quelques détails décoratifs comme des chambranles avec une tête moulurée autour  des ouvertures,  des planches cornières à la jonction des murs et une corniche à modillons sous les débords de toit. Des doubles fenêtres en bois, à auvent et à guillotine, sont également ornées d’auvents en tissus.

Il est important de mentionner que ce bâtiment deviendra un symbole de la vie urbaine almatoise et fera même l’objet d’un récit, Au quatorze-loyers, paru en 1994. Thérèse Morin, qui y a demeuré une quinzaine d’années, relate : « Six logements sont situés à l’arrière sur trois étages, à raison de deux par étage. En avant, le constructeur a pu faire un étage supplémentaire à cause de la dénivellation du terrain. Chaque logement comprend une grande cuisine, un salon minuscule, deux chambres à coucher et un petit coin, ce qui est le terme exact pour cette pièce qui ne  comporte  qu’une  toilette.  Chaque étage a une galerie qui fait la largeur de la bâtisse. À un bout, deux minuscules remises où le locataire range ses effets personnels. »

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